Les cancers de la sphère sexuelle chez l’homme et la femme

Les cancers de la sphère sexuelle peuvent toucher aussi bien les hommes que les femmes. S’ils sont plus fréquents chez les personnes âgées de plus de 60 ans, ils peuvent concerner des personnes de tous âges. Les causes de ces cancers peuvent être nombreuses, nécessitant une prise en charge individuelle. C’est pourquoi il est indispensable de faire appel à un professionnel de santé qui se chargera du diagnostic et de la mise en place d’un traitement spécifique à chaque cas.

Les cancers de la sphère sexuelle chez les hommes

Le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est une tumeur maligne qui se développe dans la prostate, une de l'appareil génital masculin située juste sous la vessie. C'est la prostate qui produit une partie du liquide séminal ().

C'est le cancer le plus fréquent chez l'homme. Son risque d'apparition augmente avec l'âge. Les deux tiers des cas concernent des hommes âgés de 65 ans et plus. Le cancer de la prostate se soigne bien.

50 400

Ce sont les nouveaux cas de cancers de la prostate nommés en 2018.

90%

des patients sont vivants cinq ans après leur diagnostic.

Le diagnostic :

Plusieurs peuvent évoquer un cancer de la prostate : urinaire, sang dans les urines ou dans le sperme, rétention d'urine, douleurs dans le dos.

Au vu de ces symptômes, le médecin peut décider de réaliser des examens de du cancer de la prostate, qui peuvent être :

  • un toucher rectal qui permettra au médecin de vérifier l'aspect de la prostate ;
  • une prise de sang pour doser le PSA, une protéine produite par la prostate ;
  • une biopsie sous anesthésie locale si les examens antérieurs évoquent un cancer ;
  • un bilan d'imagerie (ex : IRM ou scanner).

Il n'y a pas de dépistage systématique du cancer de la prostate chez les hommes sans symptômes en France.
À noter que les antécédents familiaux peuvent constituer des facteurs de risque pour ce type de cancers. Il est donc important d'en parler à son professionnel de santé, qui pourra vous proposer un dépistage.

Les traitements :

Chaque cancer de la prostate est différent. Il n'y a pas une seule manière de le traiter. Pour déterminer le protocole à mettre en place, il faut prendre en compte :

  • le stade (étendue du cancer) ;
  • le grade (niveau d'agressivité du cancer).

Le choix du traitement se fait au cours d'une réunion entre médecins de spécialités différentes. Ces spécialistes prennent en compte l'avancement du cancer et la situation personnelle du patient pour lui proposer une stratégie de traitement. Le choix définitif appartient au patient.

Le cancer du testicule

Le cancer du testicule se forme généralement à partir des cellules qui produisent les spermatozoïdes pour venir former une tumeur maligne.
Il est fréquent chez les hommes jeunes (mois de 35 ans). C'est d'ailleurs le cancer le plus fréquent chez l'homme sur cette tranche d'âge.

Le diagnostic :

Plusieurs symptômes peuvent évoquer un cancer de la prostate :

  • découverte d'une masse à l'autopalpation ;
  • douleur ou sensation de pesanteur dans le ;
  • difficultés à concevoir un enfant.

Quand des symptômes évocateurs d'un cancer du testicule apparaissent, il est nécessaire de consulter un médecin qui réalisera ou fera réaliser des examens :

  • la palpation des ;
  • une échographie ;
  • des analyses sanguines.

Les traitements :

Ils dépendent du stade d'avancement du cancer. L'une des premières étapes après le diagnostic de cancer du testicule est l'ablation du testicule atteint sous anesthésie. On appelle cela l'orchidectomie. À la suite de cette ablation, une surveillance active peut parfois suffire.

Côté fertilité, les traitements peuvent nuire à celle des hommes. C'est pourquoi les hommes atteints d'un cancer du testicule peuvent conserver gratuitement leur sperme avant de commencer le traitement (sauf exception).

La prévention :

Le cancer du testicule se soigne bien quand il est repéré tôt. Il est donc important de réaliser une autopalpation des testicules à raison d'une fois par mois dès l'âge de 14 ans. Cela consistait à faire rouler la glande entre le pouce et les quatre doigts (les quatre doigts sont placés sous le testicule et le pouce au-dessus). Si une petite masse est perçue au toucher, il faut alors consulter un médecin sans tarder

Le cancer du pénis

Rare en France, le cancer du pénis touche généralement des hommes de 60 ans et plus. Il se manifeste le plus souvent sur la peau du ou de la face interne du (chez les hommes non circoncis), et plus rarement au niveau de la . Son évolution est lente, permettant souvent une guérison.

Le diagnostic :

Plusieurs symptômes peuvent évoquer un cancer du pénis :

  • un changement au niveau de la peau sur la zone du pénis ;
  • une masse plus dure ou une enflure au niveau du gland ;
  • des lésions et/ou écoulements anormaux ;
  • des douleurs/démangeaisons.

Les étapes clés du diagnostic :

  • l'examen par palpation réalisé par un professionnel de santé ;
  • en cas de doute, la réalisation d'une échographie pelvienne ou d'une IRM.

Les traitements :

Le traitement sera différent d'une personne à l'autre en fonction du type de cancer, de son stade, de l'emplacement, etc.

Les deux principaux traitements sont : 

  • la chirurgie (principale méthode utilisée) ;
  • la fécondation (fréquemment utilisée en complément en cas de métastases).

Les cancers de la sphère sexuelle chez les femmes

Le cancer de l'ovaire

Le cancer de l'ovaire apparaît généralement sous la forme d'un kyste malin, localisé sur un ovaire ou sur les deux. Cette tumeur maligne peut grossir et venir se propager sur des organes proches (les trompes de Fallope, l', la vessie, le rectum) et moins proches (le foie ou les poumons). C'est le 8e cancer le plus fréquent chez la femme.

5 190

nouveaux cas de cancers de l'ovaire nécessitants en France en 2018.

Le diagnostic :

Il existe différents facteurs de risque relatifs au cancer de l'ovaire :

  • la présence d'une anomalie génétique héréditaire, l'une des premières causes de cancer de l'ovaire ;
  • le fait de ne jamais avoir eu de grossesse ;
  • le surpoids ou l'obésité ;
  • des précoces (avant 11 ans) ;
  • une ménopause tardive (après 55 ans) ;
  • l'âge (les patientes atteintes sont en moyenne diagnostiquées à 65 ans).

À l'inverse, certains facteurs sont considérés comme protecteurs :

  • la orale ;
  • la grossesse ;
  • la ligature ou l'ablation des trompes.

Les symptômes du cancer de l'ovaire peuvent facilement être assimilés à une autre pathologie. Son diagnostic complexe et souvent tardif en fait d'ailleurs un des cancers gynécologiques les plus mortels.
Il est donc important de consulter rapidement en présence de certains signes :

  • dans le haut du corps : douleurs thoraciques ;
  • dans les régions abdominales et pelviennes : masse, douleurs, augmentation de volume, décrites vaginales, troubles urinaires, troubles du transit, envies connues d'uriner ;
  • dans les membres inférieurs : problèmes de circulation, gonflement (œdème), état général altéré – fatigue intense, perte de poids, perte d'appétit, essoufflement prolongé.

Les étapes clés du diagnostic :

  • examen de l'abdomen, et palpation des ganglions accompagnés d'un entretien avec la patiente ;
  • la réalisation d'une échographie pelvienne ou d'une IRM (non systématique) ;
  • le dosage d'un marqueur tumoral via une prise de sang ;
  • le diagnostic final se fait par analyseur d'un morceau de tissu prélevé lors d'une biopsie.

Les traitements :

Les principaux traitements contre le cancer de l'ovaire sont :

  • la chirurgie ;
  • les traitements médicamenteux (chimiothérapie conventionnelle et/ou thérapies ciblées).

Ils peuvent être appliqués seuls ou associés les uns aux autres. Une fois encore, les traitements sont propres à chaque cas.

Le cancer du col de l'utérus

Le cancer du est un cancer qui se développe dans le col de l'utérus, la partie inférieure de l'organe. Il est principalement renforcé par une infection transmise par voie sexuelle : le humain.
Et pourtant, 90 % des cancers du col de l'utérus peuvent être évités grâce au dépistage (), tandis que la vaccination permet de se protéger contre les papillomavirus humains (HPV).

Avec 2 900 nouveaux cas en France en 2018, le cancer du col de l'utérus est la 12e cause de cancer chez la femme.

Le diagnostic :

Certains symptômes peuvent être apparentés au cancer du col de l'utérus :

  • des effets après les rapports sexuels ;
  • des saignements en dehors des règles ;
  • des douleurs lors des rapports sexuels ;
  • des inhabituelles ;
  • des douleurs ou gênes dans la zone pelvienne ;
  • des douleurs dans le bas du dos.

Toutefois, ces symptômes sont fréquemment associés à d'autres pathologies. C'est pourquoi, pour ne pas passer à côté d'un diagnostic, il est important de réaliser régulièrement un frottis de dépistage avec son gynécologue/sa .

Les traitements :

Plusieurs types de traitements sont utilisés pour les cancers du col de l'utérus. Le choix de la méthode à utiliser est effectué au cas par cas et est évoqué avec la patiente.

Dans le cas du cancer du col de l'utérus, les traitements les plus fréquents sont :

  • la chirurgie ;
  • des traitements médicamenteux (chimiothérapie et/ou thérapies ciblées).

Chaque cancer de la sphère sexuelle est différent et doit être traité individuellement selon son positionnement, son stade, son grade et le souhait de la personne atteinte. Alors qu'aujourd'hui, les traitements permettent une meilleure prise en charge, il est important de faire de la prévention et de consulter immédiatement au moindre doute. Plus vite un cancer est détecté, plus grandes sont les chances de guérison !

Sources : 

  1. https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Les-cancers-les-plus-frequents/Cancer-de-la-prostate