Les « LGBTphobies » désignent la peur, la méfiance, le mépris, le dégoût, le rejet ou la haine envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre. Il existe plusieurs types de LGBTphobies : l’« homophobie » (qui rassemble la « gayphobie » et la « lesbophobie »), la « biphobie » et la « transphobie ».

Les points à retenir

  • La LGBTphobie est le mépris, le rejet ou la haine d’une personne en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. 
  • L’hétéronormativité est le fait de considérer l’hétérosexualité comme la norme. C’est une source de LGBT phobie.
  • Il existe plusieurs formes de LGBT phobies.
  • La LGBTphobie est une situation aggravante face à la loi en cas de discrimination. 

Comment se traduisent les LGBTphobies dans la vie des personnes concernées ?

Les LGBTphobies impactent le quotidien des personnes LGBT.
Elles peuvent s’exprimer de diverses manières, de la plus insidieuse, comme des remarques désobligeantes ou humiliantes, à la plus explicite, comme dans le cas d’injures, d’agressions physiques ou de viols. 
Les LGBTphobies peuvent se manifester dans tous les lieux (à l’école, au travail, en famille, chez le médecin, dans les institutions…), dans tous les milieux sociaux et à tous les âges de la vie. 

Les personnes LGBT peuvent être discriminées dans l’accès à un travail, à un logement, à un service. Elles peuvent être moquées, humiliées, harcelées, exclues de leur domicile familial, passées à tabac, agressées sexuellement, tuées… en raison de leur ou de leur identité de genre réelle ou supposée. C’est-à-dire non pas pour leurs choix ou leurs actions, mais pour ce qu’elles sont.
Au quotidien, les manifestations de mépris, de rejet ou de haine envers les personnes LGBT les empêchent de vivre sereinement, comme tout le monde, de se sentir en sécurité. 

 Les différentes « LGBTphobies »

  • L’ est un sentiment de rejet de l’. Elle englobe la gayphobie et la lesbophobie.
  • La « gayphobie » : forme d’homophobie qui touche les hommes et bisexuels. Les gays sont la cible d’agressions physiques. Ils sont aussi dévalorisés par des stéréotypes liés à une supposée féminisation et à une supposée hypersexualisation.
  • La « lesbophobie » : forme d’homophobie qui vise les femmes lesbiennes et bisexuelles. Elle se manifeste surtout par l’invisibilité et la négation de la sexualité des lesbiennes. 
  • La « biphobie » est un sentiment de rejet, de mépris ou de haine envers les personnes bisexuelles. Les personnes bisexuelles subissent aussi la gayphobie et la lesbophobie.
  • La «  » désigne le rejet, le mépris ou la haine des personnes

Témoin d’un événement LGBTphobe ? 
Signalez-le grâce à l’application FLAG! Vous pouvez aussi appeler SOS Homophobie : 01 48 06 42 41.
 

 Qu’est-ce que l’hétéronormativité ? Qu'est-ce que l'hétérosexisme ?

  • L’ considère que l’ est la norme. L’homosexualité, la et la transidentité sont exclues de cette « norme ». L’hétéronormativité participe à marginaliser, exclure et invisibiliser les personnes LGBT.
  • L’ va plus loin en incluant dans cette norme les discriminations et les préjugés à l’encontre des personnes LGBT. Cela permet de véhiculer l’idée que l’hétérosexualité est supérieure aux autres sexualités et que les personnes trans sont inférieures aux autres.

Ces deux formes d’hétérocentrisme se retrouvent dans l’éducation des enfants, dans les médias, la publicité, le divertissement… Leur force est telle que beaucoup de personnes qui ont des comportements discriminants ne s’en rendent pas compte et ne peuvent pas se remettre en question.
À l’inverse, les personnes LGBT peuvent, dès leur plus jeune âge, se sentir exclues, en marge ou inférieures.

Quelles sont les conséquences de ces discriminations sur les personnes LGBT ?

Le fait pour les personnes LGBT de vivre dans un environnement où elles se sentent jugées, discriminées ou rejetées entraîne chez elle un haut niveau de stress chronique qui a des impacts négatifs sur leur santé mentale et physique1. Les personnes LGBT sont plus sujettes que les autres à l’anxiété, aux épisodes dépressifs, à la consommation de produits psychoactifs, aux idées suicidaires et aux tentatives de suicide. Le fait pour elles de ne pas se sentir acceptées peut entraîner un rejet de leur propre sexualité ou de leur transidentité.
Dans le milieu médical, les attitudes discriminatoires à l’encontre des personnes LGBT leur rendent l’accès aux soins plus difficiles que pour le reste de la population. Le fait de ne pas parler de son orientation sexuelle ou son identité de genre aux professionnels de santé par peur de subir des attitudes discriminatoires constitue également un obstacle à une bonne prise en charge médicale2.
Les conséquences des LGBTphobies ne se limitent pas à la santé, elles peuvent aussi se traduire par le fait de vivre en marge de la société, d’être à la rue.

Que dit la loi ?

La loi punit toute discrimination. Il s’agit d’un délit dont la peine maximale est de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. De plus, la « LGBTphobie » est une circonstance aggravante. Elle permet de faire condamner plus lourdement l’agresseur.

Que faire si vous êtes victime de discrimination du fait de votre orientation sexuelle ?

Dans la rue, au travail, à l’école ou dans votre famille, la liée à l’orientation affective et sexuelle ou à l’identité de genre est punie par la loi. Vous pouvez déposer plainte dans le commissariat ou la gendarmerie la plus proche. 
Des associations spécialisées vous écoutent et vous conseillent. Ces associations vous aident aussi en cas de discrimination au sein de sa propre famille. 

Un référent LGBT au commissariat !
Depuis 2018, dans la majorité des commissariats de police ou brigades de gendarmerie, il y a un « référent LGBT ». Cette personne a été spécifiquement formée. C’est elle qui recueille les plaintes liées aux événements LGBTphobes.

Comment être plus inclusif ? 

Chacun peut avoir des paroles ou des comportements maladroits ou irrespectueux à l‘égard des personnes LGBT, sans forcément avoir une volonté consciente de nuire. Être plus inclusif nécessite d’être vigilant.
Cela passe par l’amélioration de la façon de communiquer :

  • en étant plus à l’écoute des personnes LGBT et en faisant attention aux mots et aux pronoms utilisés ;
  • en luttant contre les stéréotypes et les préjugés implicites qui sont associés aux personnes LGBT ;
  • en évitant de faire des suppositions sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne ;
  • en s’assurant qu’une personne est d’accord pour aborder un sujet personnel avant de lui poser des questions, et en n’insistant pas à la moindre gêne ;
  • en prenant conscience de ses propres privilèges dans un système défavorable aux personnes LGBT ;
  • en s’éduquant sur le sujet (en faisant des recherches sur Internet, en suivant des comptes sur les réseaux sociaux…) ;
  • en essayant de se mettre à la place de son interlocuteur, pour imaginer ce qu’il peut ressentir.

Tout le monde peut améliorer son comportement pour être plus inclusif et bienveillant !

 Contacts d'urgence

En cas de danger immédiat

Contactez police secours par téléphone au 17 ou par SMS au 114.

Victime ou témoin de violences faites aux femmes ?

Appelez le 3919 ou consultez la plateforme de lutte contre les violences du gouvernement.

Pour signaler des violences

Rendez-vous sur la plateforme de signalement dédiée du service public.

Pour signaler des actes LGBTphobes

Utilisez l’application FLAG! ou appelez SOS Homophobie au 01 48 06 42 41.

Sources :

  1. Meyer IH, « Prejudice, social stress, and mental health in lesbian, gay, and bisexual populations: conceptual issues and research evidence », Psychol Bull, 2003;129(5):674-97.
  2. Commission européenne. State-of-the-art study focusing on the health inequalities faced by LGBTI people. Commission européenne Health4LGBTI; 2017 June 2017.