Briser le silence autour de l’inceste n’est pas toujours facile. Les victimes d’inceste ne sont pas responsables de ces actes, mais leur agresseur essaye souvent de leur faire croire le contraire et leur impose ce silence. Quels sont vos droits et comment agir en cas d’agression ?

Les points à retenir

  • Les rapports avec une personne mineure issue de sa famille sont interdits par la loi.
  • L’inceste est une condition aggravante des violences sexuelles.
  • Victime ou témoin, il est important d’en parler et de signaler les actes incestueux.

C’est quoi l’inceste ?

L’ se définit comme des relations sexuelles entre personnes d’une même famille1
Il s’agit donc de relations entre :

  • parents et enfant ;
  • enfants d’une fratrie (y compris demi-frère et demi-sœur) ;
  • grands-parents et petit enfant ;
  • oncle ou tante et neveu ou nièce ;
  • ou avec la personne qui vit en couple avec l’une de ces personnes.

Un rapport incestueux impliquant un mineur est automatiquement qualifié d’atteinte ou d’agression sexuelle. 
L’inceste s’appuie sur le rapport de domination qui existe entre l’auteur et la victime. La manipulation psychologique joue ainsi un rôle central dans les relations incestueuses. Par une forme d’intimidation et d’ambiguïté, l’agresseur réussit à maintenir sa victime dans un sentiment de peur et de honte qui la maintient dans le silence.

Comment savoir si vous êtes victime d’inceste ? 

Vous avez le sentiment de mal interpréter certains gestes ? Que la personne l’ait fait volontairement ou non, sachez que les gestes à caractère sexuel (caresses, attouchements, relation sexuelle…) venant d’un membre de votre famille sont considérés comme de l’inceste. C’est une forme de maltraitance reconnue et punie par la loi. Gardez également à l’esprit que vous n’êtes pas responsable de ce comportement. Seul votre agresseur l’est. 

Si vous êtes témoin d’inceste, signalez-le !
L’amnésie traumatique peut empêcher les victimes de parler avant de nombreuses années.

Que dit la loi ?

La loi interdit les relations incestueuses avec un mineur et elle punit les violences sexuelles plus sévèrement lorsque celles-ci sont incestueuses2. C’est une condition aggravante.
Si vous êtes ou avez été victime de violences incestueuses, vous pouvez porter plainte même après les faits. 
Le délai pour porter plainte est différent selon les faits et votre âge au moment des faits.

Vous aviez moins de 15 ans au moment des faits
  • Si vous avez été victime d’attouchements, ou agression sexuelle (sans ), vous avez jusqu’à la veille de vos 38 ans pour déposer plainte.
  • Si vous avez été victime de (avec pénétration), vous avez jusqu’à la veille de vos 48 ans pour déposer plainte.
Vous aviez entre 15 et 18 ans au moment des faits
  • Si vous avez été victime d’attouchements, atteinte sexuelle ou agression sexuelle (sans pénétration), vous avez jusqu’à la veille de vos 28 ans pour déposer plainte.
  • Si vous avez été victime de viol (avec pénétration), vous avez jusqu’à la veille de vos 48 ans pour déposer plainte.
Vous étiez majeur au moment des faits
  • Si vous avez été victime d’attouchements, vous disposez de six ans après les faits pour déposer plainte.
  • Si vous avez été victime de viol (avec pénétration), vous disposez de vingt ans après les faits pour déposer plainte.

Bon à savoir :

  • les mineurs peuvent porter plainte eux-mêmes, sans attendre leur majorité. Des mesures pourront être mises en œuvre pour les protéger ; 
  • la plainte n’est recevable que si l’auteur des violences est en vie.

Quelles sont les peines encourues ? 
Les peines encourues vont de sept à vingt ans de prison.

Que faire si vous subissez un inceste ? 

Il peut être très difficile de parler d’inceste et cela peut prendre du temps en cas d’amnésie traumatique. Il s’agit de la période pendant laquelle une personne n’a pas conscience des violences qu’elle a subies. Le souvenir, enfoui dans le cerveau, est inaccessible à cause d’une dissociation qui s’opère au moment du traumatisme. 
Lorsque cela est possible, briser le silence en vous confiant à une association spécialisée ou à une personne de confiance (un proche, votre médecin) peut permettre de vous sentir soutenu et accompagné.

Si vous êtes victime d’une agression incestueuse, vous pouvez :

  • contacter la police ou la gendarmerie par messagerie instantanée sur la plateforme de signalement du service public ;
  • vous faire conseiller par un service d’aide aux victimes au 116 006, numéro gratuit, ouvert 7 jours sur 7 de 9 heures à 19 heures ;
  • si vous êtes mineur, vous pouvez appeler le 119, un numéro d’appel d’urgence gratuit et confidentiel, qui vous permettra de signaler votre situation, tout en conservant votre anonymat. 
7,6 % des femmes

déclarent avoir été victime de violences sexuelles au sein de leur famille avant leur majorité.

1,2 % des hommes

déclarent avoir été victime de violences sexuelles au sein de leur famille avant leur majorité.

Contacts d’urgence

Si vous avez besoin de conseils

Vous pouvez vous faire conseiller par un service d’aide aux victimes au 116 006, numéro gratuit, ouvert 7 jours sur 7 de 9 heures à 19 heures.

Sources :

  1. Chiffres clés : https://www.filsantejeunes.com/cest-quoi-linceste-16771
  2. https://www.onsexprime.fr/Sexe-Droits/Victime-d-abus/L-inceste