Face à l'intolérance, à nous de faire la différence.

La Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie a été créée en 2005 pour mettre en lumière les discriminations et les violences subies par les lesbiennes, les gays, les bisexuel·le·s et les trans (LGBT). Parce que les conséquences des discriminations sur la santé sont lourdes, il est primordial que nous soyons tous mobilisés.

Découvrez la campagne « Face à l’intolérance, à nous de faire la différence ».

À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’, la et la biphobie du 17 mai 2021, mobilisons-nous autour de l’acceptation des minorités sexuelles et la nécessité de faire cesser les discriminations et les violences.

Ces expériences de discriminations et de violences ont des répercussions importantes sur leur vie, leur santé physique et mentale. En tant qu’individus, citoyens, amis, ou familles de personnes LGBT, nous avons tous un rôle à jouer dans la lutte contre ces discriminations et ces violences. Face à l’intolérance, à nous de faire la différence.

Pourquoi est-il encore nécessaire de s’indigner et d’agir face à l’intolérance ? 

Si on en parle aujourd’hui, c’est que le problème est réel et persistant

Même si l’opinion des Français évolue d’année en année vers l’acceptation et la tolérance, les discriminations et les violences à l’égard des personnes LGBT sont encore très répandues en France5. Elles se manifestent dans de multiples occasions. Il peut s’agir de violences :

  • homophobes, lesbophobes et biphobes (haine et/ou rejet des personnes homosexuelles ou bisexuelles) ;
  • transphobes (haine et/ou rejet à l’égard des personnes ).

Les discriminations et violences envers les personnes trans, gays, lesbiennes et bisexuelles peuvent avoir de graves conséquences pour celles et ceux qui en sont victimes :

  • les violences physiques sont susceptibles d’entraîner des séquelles, parfois très lourdes ;
  • les discriminations et les violences engendrent souvent une situation de détresse psychologique qui peut aller d’une baisse de l’estime de soi à un état dépressif et à des pensées ou des actes suicidaires ;
  • une santé mentale dégradée s’accompagne souvent d’une plus forte consommation de substances psychoactives et d’une exposition accrue au VIH et autres IST ;
  • les discriminations sont également un frein au recours aux soins.

Il n’y a pas de « petite discrimination ». L’ensemble des violences commises à l’encontre des personnes LGBT ne sont ni acceptables ni tolérables. Elles sont illégales et condamnables.

Les chiffres clés des discriminations envers les LGBT1 

55%

des personnes LGBT ont subi des actes anti-LGBT au cours de leur vie.

1 personne LGBT sur 4

a été victime d’au moins une agression LGBTphobe dans le monde professionnel.

4 fois plus de risque de suicide

Les personnes homosexuelles et bisexuelles ont en moyenne un risque de suicide 4 fois plus élevé que l’ensemble de la population, et les personnes trans 7 fois plus que le reste de la population.

14%

des personnes LGBT ont subi une agression physique et/ou sexuelle ces cinq dernières années en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre. Ce chiffre s’élève à 22 % pour les personnes trans et intersexes.

Ces chiffres, issus du Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT 2020-2023, sont alarmants et révèlent la nécessité d’agir tous ensemble afin de mettre un terme aux actes de violences et de discriminations.

Les discriminations, violences et insultes envers les personnes LGBT sont illégales et punies par la loi2

Un cadre légal existe pour protéger les personnes LGBT. Actuellement, les auteurs de discriminations LGBTphobes risquent : 

  • jusqu’à trois ans de prison ;
  • une amende de 45 000 euros.

Si un agent du service public commet un acte discriminant dans le cadre de ses fonctions (établissement scolaire, agent de police, mairie, préfecture, Pôle emploi, etc.), il risque jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende1
Les violences sont punies par la loi dans tous les cas. Mais c’est une circonstance aggravante lorsqu’elles sont accompagnées d’une intention homophobe, raciste, antisémite, sexiste… Les propos haineux, qu’ils soient homophobes, racistes, antisémites, sexistes, etc., sont punis par la loi, tout comme l’incitation à la haine ou à la violence. S’ils sont exprimés en public, dans les médias ou sur Internet, leur signalement est facilité pour les faire cesser au plus vite.

Que sont les « LGBTphobies » ?

Les « LGBTphobies » désignent la peur, la méfiance, le mépris, le dégoût, le rejet ou la haine envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre. Il existe plusieurs types de LGBTphobies : l’« homophobie » (qui rassemble la « gayphobie » et la « lesbophobie »), la « biphobie » et la « transphobie ».

Discriminations : quels sont les chiffres en France ?

En France, les discriminations liées au sexe, à l’identité de genre ou à l’orientation sexuelle sont encore trop courantes. De la part de femmes ayant déjà été agressées dans les transports en commun, au nombre d’actes LGBTphobes comptabilisés sur une année, les chiffres sont inquiétants.

Qu’est-ce qu’un comportement discriminatoire ?

On considère qu’une discrimination a lieu quand trois éléments sont réunis :

  • un traitement moins favorable envers une personne ou un groupe de personnes ;
  • en raison de critères définis par la loi (origine, handicap, sexe, religion, orientation sexuelle, etc.) ;
  • dans un domaine prévu par la loi (l’emploi, l’accès au logement, etc.).

Les discriminations peuvent avoir lieu n’importe où :

  • sur son lieu de travail ;
  • à l’école ;
  • dans les transports ;
  • au sein d’une communauté religieuse ;
  • dans sa propre famille ;
  • au sein de son groupe d’amis ;
  • etc.

Quelques exemples : 

  • refuser la candidature d’un individu parce que c’est une personne LGBT ;
  • suspendre le contrat d’un salarié après avoir été informé qu’il est LGBT et/ou porteur du VIH ;
  • refuser de louer un appartement à un individu en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre ;
  • refuser l’accès à une personne LGBT dans un lieu public ou privé en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre ;
  • impossibilité de mettre à jour certains contrats malgré un changement d’état civil (téléphonie, contrat d’énergie, etc.) ;
  • non-reconnaissance de l’union et/ou d’un conjoint par la famille ;
  • inégalité dans les cadeaux, donations et/ou legs.

Comment les reconnaître ?

Il est souvent difficile de reconnaître les discriminations ou d’avoir les armes pour les affronter. 
Mais, que vous soyez victime ou témoin, vous pouvez être écouté et accompagné par les équipes du Défenseur des droits. Des juristes vous répondent gratuitement, en direct et de manière confidentielle. 

Défenseur des droits - Anti Discriminations

Face à ces violences ordinaires et banalisées, nous restons souvent spectateurs, démunis et muets. Nous n’osons pas prendre la parole face aux auteurs de ces discriminations. Ces auteurs peuvent être des membres de notre famille, des collègues, des amis ou même des inconnus dans la rue.
Pourtant, il revient à tous, victimes mais surtout témoins, d’agir contre ces discriminations et ces violences pour : 

  • protéger les personnes LGBT et être solidaires d’elles ; 
  • condamner les agresseurs ; 
  • faire évoluer les mentalités et la société française.

Comment agir contre l’intolérance ? 

Au travail, à l’école, dans notre cercle familial ou amical, nous avons tous les moyens de participer à la création d’un environnement inclusif et bienveillant pour les personnes LGBT. Accepter l’autre comme il est, quelles que soient son orientation sexuelle ou son identité de genre, lui tendre la main : peu importe le contexte, nous pouvons tous agir pour faire cesser les discriminations et les violences homophobes et transphobes.  

Comment créer un environnement sain et inclusif pour les personnes LGBT ?

Dans le cercle familial et amical

Si l’un de vos proches se confie à vous sur son ou sa transidentité, et sur les difficultés qu’il rencontre au quotidien, il faut : 

  • le soutenir et lui dire son soutien ;
  • être à l’écoute de ses besoins ;
  • veiller à ce qu’il soit respecté ;
  • l’orienter, voire l’accompagner s’il en exprime le besoin, vers des associations.

Que nous ayons ou non un proche LGBT dans notre cercle familial ou amical, il est nécessaire de s’interposer lorsqu’on est témoin d’un propos ou d’une violence LGBTphobe au sein de notre entourage. Ce qui peut sembler être une « blague de mauvais goût » ou une « simple insulte » n’est jamais sans conséquences. Il faut montrer l’exemple et sortir du silence afin de sensibiliser ses proches et faire cesser cette stigmatisation.

Au travail

Si l’un de vos collègues4 soupçonne ou fait face à une discrimination en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, il faut :

  • le soutenir et lui dire ; 
  • être à l’écoute de sa situation et de ses besoins ; 
  • veiller à ce qu’il soit intégré et respecté dans l’entreprise ;
  • en informer les ressources humaines, les représentants du personnel ou les délégués syndicaux, voire la direction, et s’assurer que les auteurs soient identifiés et sanctionnés en conséquence.

Que nous ayons un collègue LGBT ou non dans notre entreprise, s’interposer lorsqu’on est témoin d’un propos ou d’une violence LGBTphobe est une manière de faire la différence. Ce qui peut sembler être une « blague de mauvais goût » ou une « simple insulte » (même si elle ne semble pas viser directement une personne LGBT) est en réalité un comportement qui alimente une forme de complaisance face à la discrimination. Alors, le mieux est de montrer l’exemple : sortir du silence pour sensibiliser ses collègues et faire cesser ces violences, qui sont tout sauf anodines.

41 %

des employés entendent des expressions LGBTphobes au sein de leur organisation, de leur entreprise.

À l'école

Il n’est pas toujours facile de s’affirmer à l’école, au collège ou au lycée, ni même dans ses études supérieures. Néanmoins, montrer son appui à un camarade victime de violences ou de discriminations est un acte nécessaire, légitime et courageux.
Il existe également d’autres manières de s’investir dans le soutien des LGBT, en menant des actions de sensibilisation, par exemple :

  • faire intervenir des associations en classe ;
  • organiser des journées d’information et de discussion.

Il est important d’oser proposer de telles initiatives à la direction de son établissement. Elle saura être à l’écoute ! Si vous êtes professeur et témoin ou victime de violence ou de discrimination LGBTphobe, parlez-en à vos collègues et à votre hiérarchie. Ensemble, vous pourrez mettre en place des actions de sensibilisation pour les élèves et ainsi agir pour faire cesser les discriminations au sein de votre établissement. 
Des services d’aide et d’écoute existent pour les élèves et le corps enseignant. L’Éducation nationale met également des guides et des kits de sensibilisation à disposition des établissements scolaires. Toutes ces ressources sont disponibles sur une page spéciale, dédiée à la lutte contre l’homophobie et la transphobie à l’école.

Au club sportif

Quand on pratique un sport, on sait qu’il est important de se soutenir les uns les autres et de se faire confiance. La haine contre les LGBT+ n’a pas sa place dans le milieu du sport.  Le Ministère chargé des sports propose des ressources pour agir et mettre en place des actions de sensibilisation dans les clubs sportifs :

Témoin ou victime, comment agir ?

Chacun peut faire la différence face aux discriminations et à la violence grâce à quatre actions déterminantes.

Trouver de l’aide

Si vous êtes victime de violence ou de discrimination LGBTphobe, en parler est une première étape. Vous pouvez trouver du soutien auprès de vos proches et/ou d’une association spécialisée, comme SOS Homophobie.

  • Dans le cadre du travail, vous pouvez vous tourner vers un collègue de confiance, un représentant du personnel ou votre service RH. 
  • Dans le cadre scolaire, tournez-vous vers votre directeur, votre CPE ou votre infirmière scolaire. Il existe également des services d’aide et d’écoute : education.gouv.
  • Vous pouvez aussi trouver des conseils juridiques auprès de la plateforme anti-discriminations.
Signaler

Si vous êtes témoin ou victime d’un danger immédiat : 

  • la priorité est de vous mettre en sécurité et d’appeler la police (au 17 ou 112 ou par SMS au 114) ;
  • informez ensuite vos proches de la situation, ils pourront vous apporter de l’aide et un soutien précieux ;
  • vous pouvez signaler des actes LGBTphobes sur l’application FLAG! (téléchargeable depuis l’Apple store sur iPhone ou le Google Playstore sur Android) ;
  • vous pouvez aller sur la plateforme dédiée aux signalements de violences (démarche anonyme et gratuite !).
Porter plainte

En tant que victime, porter plainte peut faire peur. On peut se sentir fautif, honteux. En tant que témoin, on peut céder à la facilité et fermer les yeux, ou se sentir illégitime pour aider une personne en danger. La seule personne qui doit avoir honte, c’est l’agresseur. 

Il faut franchir le pas et aller porter plainte ou aider à aller porter plainte en se rendant dans un commissariat de police, à la gendarmerie ou par courrier.

Pour franchir le pas et vous sentir soutenu et entouré dans cette démarche, faites-vous accompagner si vous le pouvez d’au moins un proche. Son soutien et sa présence vous seront précieux. N’hésitez pas à contacter « anti-discriminations » ou SOS Homophobie afin de préparer votre dépôt de plainte.

S’engager

Si vous souhaitez vous engager dans la lutte contre les discriminations LGBTphobes ou trouver une structure pour vous accompagner au quotidien, plusieurs associations agissent pour l’inclusion des personnes LGBT et luttent contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre :

  • SOS Homophobie : lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Informations complémentaires sur : www.sos-homophobie.org
  • Association Contact : témoignages de LGBT et de leurs parents, des villes et des campagnes, autour du et du cheminement d’acceptation. https://www.asso-contact.org/ 
  • L’Autre cercle : agit pour l’inclusion des personnes LGBT dans le monde du travail et propose de nombreuses ressources et formations. Plus d’infos sur www.autrecercle.org/ 
  • Mag jeunes LGBT : un mouvement d’affirmation des 15-26 ans qui lutte contre les LGBTphobies. Renseignements : www.mag-jeunes.com/
  • APGL : une association des parents et futurs parents gays & lesbiens. Pour en savoir plus : www.apgl.fr
  • Le Refuge : accompagne et loge les jeunes LGBT, âgés de 14 à 25 ans, rejetés par leurs parents. Si vous ou l’un de vos proches êtes dans cette situation, rendez-vous sur www.le-refuge.org/

Contre l'intolérance, toute la société s’engage

De nombreuses institutions et organisations se sont engagées dans la lutte contre les discriminations et violences faites aux personnes LGBT, elles agissent au quotidien et proposent de nombreuses ressources. Retrouvez-les sur notre page « partenaires » et téléchargez le kit de communication ici

La fin des discriminations pour les personnes LGBT est un défi collectif. Nous avons besoin de votre soutien et de votre voix, pour porter ce message et l’acception des différentes sexualités et identités de genre.

« Et alors ? », le podcast qui donne la parole aux proches des LGBT

Découvrez le podcast « Et alors ? » dans lequel des proches de personnes LGBT (parents, amis, etc.) racontent leur cheminement vers l’acceptation de leur orientation et/ou de leur identité genre. 
À travers ces témoignages vrais, intimes et sans fard, il est donné à voir l’acceptation et le processus qui y conduit. À l’écoute de ces parcours, les personnes réticentes pourront cheminer à leur tour vers la tolérance et l’acceptation, quel qu’en soit le rythme. Ces témoignages ont également vocation à inspirer chacun sur la manière de concrétiser son soutien envers les personnes LGBT.

Retrouvez tous les épisodes sur vos plateformes de podcasts préférées.

8:12

17 mai 2021

L'histoire de Madé, 59 ans, et de sa fille Tina, qui a changé d'identité de genre. Un moment dans lequel Madé aurait aimé être plus présent.
10:51

24 mai 2021

L'histoire de Vanessa, et de son frère Raphaël, qui a parlé de son homosexualité le jour de Kippour, une des plus grandes fêtes juives.
7:46

31 mai 2021

L'histoire de Françoise, et de ses deux filles Laurie et Céline, qui lui ont, une à une, parlé de leur homosexualité.
7:40

7 juin 2021

L'histoire de Sofia, 39 ans, qui a accompagné son père sur le chemin de l'acceptation de sa propre homosexualité.
9:04

14 juin 2021

L'histoire de Sandrine, 48 ans, et de son frère Lionel, qui n'a parlé de son homosexualité à sa soeur, dont il est très proche, qu'à 21 ans.
8:16

21 juin 2021

L'histoire de Jean, 81 ans, pour qui les tabous étaient nombreux, et de sa petite-fille Juliette, qui lui a parlé de son homosexualité.

Votre témoignage peut faire la différence !

Vous avez pu être bouleversé, choqué, voire en colère à l’annonce de l’orientation et/ou de l’identité d’un proche. Depuis, vous avez évolué et votre chemin vers l’acceptation s’est concrétisé par un soutien sans faille. Votre témoignage est important et il pourra en inspirer davantage.

 Contacts d'urgence

En cas de danger immédiat

Contactez police secours par téléphone au 17 ou par SMS au 114

Victime ou témoin de violences faites aux femmes ?

Appelez le 3919 ou consultez la plateforme de lutte contre les violences du gouvernement.

Pour signaler des violences

Rendez-vous sur la plateforme de signalement dédiée du service public.

Pour signaler des actes LGBTphobes

Utilisez l’application FLAG! ou appelez SOS Homophobie au 01 48 06 42 41.

Sources : 

  1. Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT 2020-2023 de la Dilcrah
  2. Cadre légal pour les violences et les discriminations à l’égard des personnes LGBT
  3. Défenseur des droits : guide des bonnes pratiques pour prévenir l’homophobie au travail et créer un climat inclusif pour les salariés et agents LGBT 
  4. Contre l’homophobie et la transphobie à l’école/guide contre l’homophobie dans les écoles
  5. https://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_homophobie_2020_interactif.pdf